Au-delà des sabres lasers...


Qu’est-ce que signifie la science-fiction pour vous? Je peux pratiquement prédire votre réponse. Star Wars, Transformers ou Star Trek vous viennent rapidement en tête. Un genre pour les « geeks » qui permet aux studios de nous en mettre plein la vue. Une trôlée d’effets spéciaux qui, lorsqu’on les dénude de leurs qualités techniques ou visuelles, ne nous arriment à rien du tout. Ceci me pousse à vous demander autre chose; est-ce vraiment de la science-fiction? Pour moi, elle est tout autre. Par définition, la science-fiction est le prolongement d’une réalité sociale ou technologique actuelle dans un futur idéalisé et imaginaire. Tout d’abord, cette définition peut encadrer énormément de choses. Bon porte-étendard politique ou social, la science-fiction permet d’exemplifier de façon idéaliste les propos que peut sous-tendre un film. Vous serez donc d’accord avec moi que nulle part dans cette définition, je vois l’obligation d’user de prouesses techniques et technologiques ou d’effets numériques. Les films de science-fiction offrent un cadre cinématographique extrêmement large et s’en servir principalement pour appliquer des effets numériques afin « d’épater la galerie », c’est, d’après moi, se diriger dans la mauvaise direction; celle du manque de créativité et du gaspillage. Il est possible de se rendre plus loin dans cette réflexion, ou plutôt de simplifier encore plus l’usage de la science-fiction au cinéma. Il n’est pas nécessaire de projeter dans le futur des tendances actuelles qu’elles soient technologiques, politiques ou même sociales. On peut se servir de l’absence de ce rapport à la réalité, à la vraisemblance pour concevoir un univers filmique qui saura illustrer d’une manière concrète et originale, la ou les thématiques que peuvent véhiculer une œuvre. Avec un bon lot d’imagination, il est possible de manipuler la toile de fond d’un film afin que celle-ci fusionne avec nos personnages et leurs actions, renforçant de ce fait les propos et les affects qui en découlent. Au cours de l’année 2011, j’ai eu droit à deux exemples cinématographiques qui ont su user du pouvoir de la science-fiction au sens que je l’entends.