Two Lovers

Un titre générique, une prémisse banale, un film unique.

Aux premiers abords, Two lovers ne baigne pas dans la nouveauté. Leonard (Joaquin Phoenix), un jeune divorcé qui est retourné vivre chez ses parents dans le quartier russo-juif de Brighton Beach à New York, s'éprend simultanément de deux femmes. L'une est la fille du futur propriétaire de l'entreprise de nettoyage à sec de son père et se nomme Sandra (Vinessa Shaw). L'autre est la voisine de fenêtre de Leonard, une secrétaire travaillant dans une firme d'avocat et maitresse de l'un d'eux; son nom est Michelle (Gwyneth Paltrow). Ainsi Two Lovers dresse le parcours sentimental de Leonard entre ces deux femmes; nous ne le cachons pas, c’est du déjà vu. Concrètement, ce film est un remake de La Notti Bianche de Luchino Visconti, ce dernier étant basé sur la nouvelle Nuits Blanches de Dostoïesvky; C'est donc réellement du déja vu.

Pourtant, l'ouverture de Two Lovers semble vouloir nous dire autre chose. Le premier plan, en légère contreplongée et quelque peu sous-exposé suit Leonard de dos, chemise fraichement sorti du nettoyeur à la main, qui déambule sur un quai, le tout au ralenti. Cette scène n'est que le préambule d'un univers à la fois poétique et glauque qui se déroule pourtant dans un cadre réaliste, voir même monotone. Cet univers, c'est celui d'un personnage aux tendances bipolaires (Leonard) et c'est également celui de James Gray, un jeune réalisateur qui pousse ses films hors de la convention qu'impose leur genre (le film policier avec We Own the Night et le triangle amoureux avec Two Lovers) et qui sait les amener vers des œuvres atmosphériques et imprégnantes pour le spectateur.

L’univers cinématographique de Gray accompagnera donc le trajet hasardeux de Leonard entre la logique, la raison et la simplicité qui le lie envers Sandra et la passion destructrice qui l’attire vers Michelle. Que ce soit les plans statiques aux cadrages non conventionnels ou l’éclairage rare, « naturel » et cru qui nous offre à l’occasion des contrejours volontairement « invonlontaires » (les plus beaux plans du film à mon avis), il est impossible de ne pas resssentir un certain pessimisme, une certaine crainte face à l’état d’euphorie vécu par Leonard même si parfois l’histoire semble vouloir dire le contraire. Gray rend ces moments de bien-être aussi fragiles que la santé mentale du protagoniste. Avec une exploitation réussie du potentiel cinématographique, le tout mené par un groupe d’acteurs au jeu ténu et convaincant, notamment par un Joaquin Phoenix à la fois attachant et déroutant (son dernier rôle avant qu’il prenne sa retraite d’acteur et qu’il sombre dans un délire et dans un rêve de carrière musicale), Two Lovers et son réalisateur offre l’un des rares films portant sur LE thème des thèmes qui sache atteindre un tel degré de réalisme, de crédibilité et de sensibilité. Parce que l’amour, tout comme Leonard, oscille entre l’absolu et le chaos.

Verdict
Ce sont les portes du paradis qui s’ouvrent à James Gray et à son film pour sa distinction face aux autres œuvres filmiques traitant de l’amour. En peignant un New York d’un réalisme subjectif, confiné et régi par la vision d’un seul homme et de sa quête de l’équilibre et du bonheur, Two lovers donne au triangle amoureux, un sujet surutilisé cinématographiquement et mal vu théologiquement, un échappatoire sublime et une place bien méritée dans nos cieux.

2 commentaires:

  1. humm je ne sais pas trop quoi en penser...mais anywais les film d'amour c'est pas ma tasse de thé...mais si sa se raproche de la nouvelle de Dostoïesvky, sa pourrais etre interressant^^(peut-etre mettre les date de sorti...sa serais pratique)

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  2. Le Film est disponible sur DVD en ce moment. Mais voici la date de parution:

    19 novembre 2008 en salles.

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