J'aurais aimé que mon décompte cinématographique de 2012 soit plus exhaustif, mais je n'ai pas nécessairement eu le temps de visionner la majorité des œuvres les plus attirantes de la dernière année (je pense rapidement à Killing them Softly de Dominik ou Beasts of the Southern Wild de Zeitlin) et je ne voulais pas inclure des films qui m'ont beaucoup moins touché pour faire un beau chiffre rond. Je me suis donc résolu à un Top 3 que voici:
1-Moonrise Kingdom de Wes Anderson
Chaque nouveauté d'Anderson est pour moi un événement. On pourra dire que son style change peu, mais je m'en tape, parce que je jubile devant chacun de ses films. Moonrise Kingdom ne fait pas exception et est venu se jucher bien en haut de mon podium Andersonien. La mise en scène méticuleuse (dans tous les aspects que cela sous-tend), l'humour pince-sans-rire, unique au réalisateur, et la brochette d'acteurs, que ce soit les vieux de la vieille (Murray, Schwartzman), les nouvelles grosses pointures (Willis, Norton, Swinton, McDormand) ou les jeunes et talentueux Jared Gilman et Kara Hayward, viennent encadrer le récit, empli de luminosité et de naïveté, des premières émancipations sentimentales de nos protagonistes, nous rappelant les cavales amoureuses d'un Pierrot le fou ou d'un Badlands de l'ère juvénile (et utopiste).
2-The Master de Paul Thomas Anderson
Un incontournable cette année, The Master aura su consolider la position de P.T. comme était l’un
des grands de ce monde avec une autre offrande énigmatique et envoutante du
cinéma américain contemporain. Beaucoup plus libre au niveau du message que ces
précédents ouvrages, le film d’Anderson est l’ultime véhicule
cinématographique : une photographie saisissante, des interprétations
colossales de la part de Phoenix et de Seymour Hoffman (on ne s’attendait à rien
de moins), le tout accompagné par la musique iconoclaste de Jonny Greenwood
(guitariste de Radiohead et deuxième collaboration avec P.T.). C’est dans ce
superbe véhicule que nous verrons nos deux protagonistes évoluer, l’un comme le
maître, l’autre comme l’élève, mais ne sachant jamais lequel a réellement le
dessus sur sa propre vie et sur le monde qui l’entoure. Un film qui aura flotté dans
ma tête bien longtemps après son visionnement.
3- The Dark Knight Rises de Christopher Nolan
La clôture du périple de Nolan au travers de l’univers de
notre justicier masqué n’aura pas été la meilleure de la trilogie, mais je
tenais à la souligner car il aura su faire un troisième film de super héros qui
n’était pas horrible (malédiction qui semblait s’abattre sur toutes les séries
du genre). Bien au contraire, The Dark
Knight Rises correspond à ce que le réalisateur nous avait habitué : une
histoire qui tente de fuir la superficialité, des personnages avec une portée
introspective et réflexive, des séquences d’actions qui resteront gravées dans
l’imagerie populaire. Bref, il s’agit là, malgré ses faiblesses, d’un film d’auteur
à part entière, destiné au grand public, qui aura su garder l’objectif que la
série s’était fixé dès ses débuts; soit d’identifier et de surmonter la crise
identitaire et morale de Bruce Wayne, celle qu’il partage avec l’Amérique post
11 septembre.



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